Yapluka Pédaler & Pagayer au pays du Mont Blanc

15.10.2017

Les remorques sont au garage, les kayaks prennent la poussière en attendant la pluie... Mais les souvenirs de notre itinérance vélo-kayak autour du Mont Blanc resteront !

Le 28 juin dernier nous étions cinq en selle, à tracter kayak et bagages pour 10 jours d'eau vive vécus autrement : de manière autonome, originale et plus écologique : Nico F, Elie, Tanguy, Nico H et Blaise. Certains d'entre nous avaient déjà expérimenté le concept du vélo-kayak dans d'autres alpages, mais nous avons tous fait des découvertes : comment voyager sereinement en TER avec notre encombrant matériel ; comment bivouaquer en Suisse Valaisienne; qui est vraiment le grand Saint Bernard (on ne s'imagine pas à quel point il est loin de l'image rieuse, ensoleillée et... aplatie des cartes postales) ; la Dolce Vita, qui vous enveloppe dès que vous passez la frontière du Val d'Aoste.

Cette année, nous sommes donc 5 kayakistes, et cyclistes à nos heures perdues, à défier les lois de la gravité. J’ai du mal à expliquer ce qui nous pousse à refaire ce genre de voyage, mais inexplicablement, me voilà pour la 3eme fois reparti sur les routes avec mon vélo, ma pagaie et mon kayak. Cette fois, nous partons de Lyon, mais pour se simplifier la tâche ou pas, nous optons pour un départ en train depuis Lyon Part Dieu pour rejoindre Thonon les Bains, point de départ de notre tour en vélo, pour faire le tour du Mont Blanc et naviguer les rivières avoisinantes. Après avoir cherché, en vain, à corrompre la SNCF, afin de s’assurer de rentrer dans le train avec tout notre matériel (vélo, kayak, remorque, pagaie, équipement…), finalement, nous y allons au bluff. Les contrôleurs sont surpris par notre chargement, mais seront plus occupés à prendre notre bazar improbable en photo. Le trajet est complexe avec 2 changements ! Nous nous en sortirons plutôt bien avec seulement une légère amende dans le dernier train, de 50 euros, pour « bagages volumineux ». Nous voilà arrivé à Thonon, sous la pluie et nous roulons vers notre premier campement, à l’arrivée du parcours de la Dranse.

Au final, nous avons traversé 3 pays : la France, la Suisse, puis l’Italie. Nous avons franchi plusieurs cols dont les 2 saint Bernardo, le pas de Morgin et la montée de Cogne. Que ce fut difficile de franchir le Grand Saint Bernard, mais quel soulagement et satisfaction d’arriver au sommet, malgré la pluie, presque neige… Nous avons apprécié les belles navigations sur les rivières Italiennes, sur la Dora Balte, l’Urthier et la Grand Eyvia. Nous avons eu la chance d’avoir de l’eau sur la Vièze en Suisse et nous avons apprécié ce beau parcours avec en bonus une navette en train, mais aussi la malchance d’essayer le camping sauvage en Suisse ! Bref, de nombreuses rencontres, de la souffrance, mais aussi de la joie. En fait cela va avec …. Et c’est probablement pour cette raison que j’avais envie de revivre cette expérience. Le vélo kayak c’est aussi apprécier la montagne autrement en prenant son temps. Je crois que ce n’est pas qu’une simple obsession de vouloir se déplacer sans CO2. On le fait parce que ce mode de vie, le temps d’un voyage, nous plait.

Que de beaux souvenirs... La majestueuse Grande Eyvia, sa "Triple Chute", l'hospitalité, les rencontres improbables, les bons plats mitonnés par Elie, notre cuistot en chef, le moment où on se demande pourquoi on est là et celui où on trouve la réponse...

Alors, on remet ça ?